L'épopée du poppers (I) - La chimie du plaisir
Usages
Utilisés pour soigner les angines de poitrine et pour booster le moral de la chair à canon américaine au Vietnam, les poppers tels que nous les connaissons sont à leur apogée à la fin des années 70, où ils sont utilisés comme aphrodisiaques pour augmenter sensations et performances sexuelles, et sont alors présents dans les sex-shops sous forme d'ampoules de verre à briser (le terme ferait ainsi allusion à ce bruit particulier). Ils sont également distribués sous forme de parfums d’ambiance, en flacons, ou comme nettoyants de têtes de lecture pour certains appareils.
Ce sont des dérivés nitrés (nitrites aliphatiques en solution dans des solvants organiques, il s'agissait originellement surtout de nitrites de butyle ou de pentyle), généralement parfumés, dont l'absorption par inhalation entraîne la libération de monoxyde d'azote induisant une vasodilatation intense, une relaxation des muscles lisses (favorisant l'érection) et un effet euphorisant.
Aujourd’hui les poppers sont vendus dans les sex shops, saunas et sex clubs sous des marques variées, et sont largement disponibles sur Internet. Leur utilisation, "qui a connu une énorme succès au sein de la communauté homosexuelle, au point même d'être devenu un objet symbole de la libération sexuelle des gays" (Illico), s'est désormais étendue à une population plus jeune et diversifiée, en milieu festif (notamment techno), et associé à certaines drogues.
Dangers
Les autorités sanitaires (Afssaps, Ministère de la Santé...) insistent, elles, sur la nocivité potentielle de ces produits, soutenant qu'en cas d'intoxication ils peuvent provoquer des nausées, des céphalées, des vomissements, une hypotension, des dermites de contact (irritations de la peau baptisées « poppers dermatitis »), des irritations cornéennes.
Selon l'Afssaps, le premier cas d'intoxication aigüe en France a été rapporté à Marseille en 1982, et, jusqu'en 2000, les données des centres anti-poisons et de Toxicovigilance rapportaient 310 cas d'intoxication. Entre 1999 et 2004, les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance ont recensé, eux, 76 cas d’intoxication. Comme le souligne Têtu qui reprend les chiffres de l'Ofdt, le niveau d'expérimentation (usage au moins une fois dans la vie) de poppers en population générale en France reste relativement faible (4,1 % des 15-64 ans).
Marché
Peu d'études économiques circulant sur le sujet à ma connaissance, la taille et les caractéristiques du
marché des poppers sont difficiles à évaluer. Principal acteur français
sur ce secteur, la société France Conditionnement Création (FCC),
spécialisée dans la "fabrication de parfums et de produits pour la
toilette", située d'abord dans la région de Grasse puis à Cannes,
affiche un chiffe d'affaires en hausse depuis 5 ans, d'environ 600.000€ en 2003, à
plus d'un million en 2007.
Le dirigeant de cette SARL, Pascal Sendowski, a breveté un procédé de stabilisation des nitrites et polynitrites (brevet FR2670483 A1 du 19-06-1992). Il est, selon Illico, le fournisseur de plusieurs entreprises qui lui commandent la création d'arômes personnalisés qu’elles revendent ensuite sous leur propre marque. Selon le Président du SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies), la vente de poppers peut représenter jusqu'à 15% du chiffre d'affaire de ces grossistes et distributeurs.
Voir aussi: L'épopée du poppers (II) - La volatilité du droit
Biblio./Réf. :
Poppers (en) (fr), sur Wikipedia
L'épopée du poppers, sur le blog Urban Pulp
Rapports 2001 et 2003, lettre de Vigilance n°1, Afssaps
"Poppers, colles et autres solvants" Observatoire français des drogues et des toxicomanies
Registre du commerce
Illico, Têtu






L'Epopée du Popper... Infalsifiable, ce Mélismes...
Rédigé par: BC | le 16 janv. 2008 à 16:21
A l'AFSSaPS, ils ne racontent que des conneries d'abord. :)
Rédigé par: Anonyme amateur de la salade kiwi banane du dimanche | le 16 janv. 2008 à 16:38
Seulement 310 cas d'intoxication rapportés en 18 ans ?! Je suppose que le chiffre est un peu minoré, mais quand même, à la louche, je pense que ça représente moins d'accidents qu'avec l'aspirine ou le paracétamol... Voilà qui relativise quelque peu le "danger" que le ministère met en avant pour justifier l'interdiction.
Rédigé par: Pascal | le 16 janv. 2008 à 16:55
Et puis je prefere dermatite. Dermite, c'est moche.
Rédigé par: Toujours l'anonyme amateur de la salade kiwi banane du dimanche | le 16 janv. 2008 à 17:12
La vente dans les sex shop ne date pas d'aujourd'hui. Il y a plus de vingt ans déjà...
Rédigé par: Laurent | le 19 janv. 2008 à 23:28
T'es sûr de ton coup pour Rapidshare ? J'ai lu la même chose ici : http://theultimatebootlegexperience.blogspot.com/2008/01/blog-post.html -- mais je doute parce que je viens de mettre en ligne un dummy sur Rapidshare.de…
Rédigé par: Fr. | le 19 janv. 2008 à 23:34
@BC: j'ai mis 2h seulement à comprendre (vraiment!), on progresse ^^
@kiwi/banane masqué: De toutes façons les chimistes, bah ils parlent pas comme nous! Après avoir épuisé mes amis chimistes de questions, j'ai dû ressortir mon manuel de terminale pour me rendre compte que dans votre sabir Amyle=Pentyle... Une grande victoire du samedi et de la civilisation sur l'obscurité et l'ignorance.
@Pascal: De toutes façons les autorités sanitaires semblent tellement d'accord pour dire que le poppers c'est le *Mal*, qu'à part aligner la liste des risques potentiels en cas d'usage extrême (et farfelu: ingestion...), elles communiquent visiblement très peu sur les dangers concrets, leur réalisation, le degré et la fréquence des intoxications constatées. (Et elles admettent du bout des lèvres qu'il n'y a aucun cas d'addiction recensé par la bibliographie au détour d'une phrase...)
Moi j'aimerais bien avoir des éléments de faits permettant de juger si c'est vraiment une merde nocive dont on doit protéger contre eux-même nos amis les fêtards et autres roi de la baise, ou si les grands maîtres de la police sanitaire se sont pris d'une lubie contre la "drogue des pédés"...
@Fr. : ça remarche juste!
Rédigé par: M. | le 20 janv. 2008 à 00:22